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Enseignants non formés à l’autisme : par où commencer ?

Le 07/06/2025

Vous êtes enseignant, et vous accueillez un élève autiste dans votre classe.  
Mais vous n’avez jamais été formé.  

Vous êtes enseignant, et vous accueillez un élève autiste dans votre classe.  
Mais vous n’avez jamais été formé.  
Vous n’avez pas de mode d’emploi.  
Et parfois… vous avez peur de mal faire.

C’est normal.  
Et ce n’est pas une honte.  
Mais ce n’est pas une excuse pour baisser les bras.

1. Commencez par changer de lunettes

Un enfant autiste **n’est pas un enfant capricieux, mal élevé ou paresseux**.  
Il perçoit, comprend et réagit **différemment**.

Ce qui vous paraît anodin (un bruit, un regard, un mot), peut être pour lui :
- une agression sensorielle,
- un stress intense,
- un signal incompréhensible.

Il ne cherche pas à “tester les limites”.  
Il cherche à **survivre dans un monde qui ne parle pas sa langue.**

2. Formez-vous... même un peu

Vous n’avez peut-être pas eu de formation initiale.  
Mais il existe :
- des ressources accessibles (livres, vidéos, podcasts),
- des associations locales,
- des parents qui peuvent vous partager ce qu’ils vivent.

Vous n’avez pas besoin d’un diplôme pour apprendre à :
- éviter les doubles consignes,
- respecter un besoin de calme,
- ajuster vos attentes quand il y a surcharge sensorielle.

3. Adaptez la forme, pas le fond

L’objectif, ce n’est pas de "faire comme avec les autres", c’est de **permettre l’accès au même savoir autrement.**

Exemples simples :
- Donner une consigne écrite au lieu de la répéter 4 fois.
- Utiliser des pictos ou des repères visuels.
- Laisser une pause avant une tâche difficile.
- Prévenir avant un changement d’activité.

➡️ Ce ne sont pas des privilèges. Ce sont des **adaptations nécessaires**.

4. Ne jugez pas les parents

Ils sont peut-être fatigués.  
Inquiets.  
Très impliqués (ou trop peu, parfois).  
Mais ils font de leur mieux avec ce qu’ils vivent.

> "Il ne fait pas ça à la maison" n’est pas une attaque.  
> "Je sens qu’il n’est pas bien en ce moment" n’est pas un reproche.

C’est une **tentative de collaboration**, souvent mal accueillie.

Soyez du même côté que les familles.  
Pas en opposition.

5. Travaillez avec l’AESH

Elle n’est pas là “pour le calmer” ou “l’occuper pendant que vous enseignez”.  
Elle est là pour **traduire les attentes, sécuriser les moments difficiles, favoriser l’autonomie**.

L’AESH a souvent une vue d’ensemble que vous n’avez pas.  
Elle peut vous aider à :
- repérer les signes d’angoisse,
- ajuster votre posture,
- mieux comprendre l’élève.

Travailler ensemble, ce n’est pas "perdre du temps".  
C’est **gagner en efficacité et en confiance mutuelle.**

## 6. ✋ Osez dire “je ne sais pas”

C’est mille fois mieux que de faire semblant ou d’ignorer.

Un élève autiste ne vous demande pas d’être parfait.  
Mais il a besoin que vous soyez **présent, curieux, adaptable**.

Parfois, ce sont des petits gestes qui changent tout :
- un regard bienveillant,
- une main posée discrètement sur l’épaule,
- un mot rassurant avant un passage à l’oral.

 Ce qu’on retient :

Vous n’êtes pas seul.  
Et vous n’êtes pas censé savoir tout faire.

Mais si vous êtes ici, c’est que vous cherchez à faire au mieux.  
Et ça, c’est déjà énorme.

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